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Acteurs – Eperon Pétrole – Papier

La Suisse ne manque pas de produits pétroliers

Patrick Eperon

La crise énergétique se traduit par une hausse spectaculaire des prix du gaz et de l’électricité, des craintes de pénurie de ces deux énergies début 2023, sans oublier des risques de pannes (black-out) du réseau électrique européen, comme cela a failli se produire en janvier 2021, à la suite d’un incident technique en Croatie.

A n’en pas douter, cette crise énergétique «gaz et électricité, voire bois de chauffage», qui pourrait avoir un impact économique majeur, va occuper l’agenda d’ici au printemps 2023, sans exclure que les mêmes problèmes se reposent pendant l’hiver 2023-2024.

Cette accumulation de mauvaises nouvelles tendrait presque à faire oublier que la Suisse assure 50% de sa consommation d’énergie au moyen de produits pétroliers, essence et diesel au titre de carburants, mazout au titre de combustible. Des produits pétroliers qui, non seulement, ne sont pas menacés de pénurie, mais dont les prix ont désormais tendance à se stabiliser, après des pics atteints à la suite du lancement de la guerre d’agression russe contre l’Ukraine, au début de cette année.

On soulignera en ce sens que le prix du baril de pétrole Brent monte, début septembre de cette année, à environ 92 dollars, après avoir frôlé la barre des 130 dollars début mars, quelques jours après le début de l’invasion russe de l’Ukraine.

On soulignera surtout que le marché du pétrole est non seulement beaucoup plus souple que les marchés de l’électricité et du gaz, du fait d’une logistique plus simple, mais que la Suisse dispose, depuis des dizaines d’années, de très importantes réserves obligatoires de produits pétroliers (essence, diesel, kérosène et mazout).

Il est donc possible de puiser actuellement dans ces réserves, du fait de la guerre en Ukraine, du bas niveau du Rhin, artère fluviale de première importance pour le transport de marchandises, ainsi que de graves problèmes ferroviaires en Europe, sans risque pour l’approvisionnement de notre pays en produits pétroliers.

A l’attention des sceptiques, on relèvera que le Conseil fédéral lui-même encourage les exploitants suisses d’installations industrielles dites bicombustibles à passer au mazout; un message qui revêt un caractère tragicomique quand on se rappelle à quel point le Département fédéral de l’énergie et des transports (Detec) a dénoncé l’utilisation du mazout lors de la campagne de votation relative à la révision totale de la loi sur le CO2, l’année dernière.

Et le même Detec envisage désormais la production d’électricité en Suisse au moyen du mazout, alors que notre pays a pu très longtemps produire la quasi-totalité de son courant sans émissions de CO2.

Il s’agit donc plus que jamais de mettre en œuvre une transition énergétique dans la durée, et de tenir expressément compte de la nécessité de disposer d’un approvisionnement en énergie aussi stable que possible.n

« Le marché du pétrole est beaucoup plus souple que les marchés de l’électricité et du gaz. »

Délégué communication et campagnes politiques Centre patronal

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