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Richemont AG – Papier

Bluebell n’a pas convaincu les actionnaires de Richemont

Luxe. Les propositions du fonds activiste londonien ont toutes été rejetées lors de l’assemblée générale annuelle mercredi. Wendy Luhabe, soutenue par le groupe genevois, a été élue représentante des investisseurs en Bourse au conseil d’administration.

Justine Fleury

Les actionnaires de Richemont ont appuyé l’opposition du groupe aux propositions de Bluebell Capital Partners lors de l’assemblée générale ce mercredi. Le fonds activiste londonien souhaitait voir Francesco Trapani entrer au conseil d’administration du géant du luxe genevois en tant que représentant des investisseurs en Bourse, soit les détenteurs d’actions de type A.

L’une des principales revendications de Bluebell était que ceux-ci soient mieux représentés au sein de la gouvernance de l’entreprise, qui possède notamment les marques Cartier et Piaget.

Réunis à Genève, les actionnaires de type A – les seuls à pouvoir se prononcer sur ce point de l’ordre du jour – ont préféré Wendy Luhabe à ce poste. Celle qui occupe un siège au conseil d’administration depuis 2020, a obtenu près de 84 % des voix, contre 9,5 % pour Francesco Trapani.

«Nous, les administrateurs, représentons les intérêts de tous les actionnaires» a déclaré le président de Richemont, Johann Rupert, en début d’assemblée. Avant la délibération, les échanges entre ce dernier et Giuseppe Bivona, cofondateur de Bluebell, se sont crispés. Giuseppe Bivona a réitéré ses critiques envers la diversification des activités de l’entreprise genevoise dans la vente en ligne et le «soft luxury», en mentionnant au passage que Richemont aurait perdu des parts de marché dans l’horlogerie et la joaillerie, ce que Johann Rupert a fermement démenti. «Vous avez fait une quinzaine de déclarations, j’aimerais que vous alliez droit au but» a interrompu Johann Rupert. Giuseppe Bivona a alors sous-entendu que le président du conseil cherchait à le faire taire.

Deux autres propositions rejetées

Après l’assemblée, Johann Rupert a déclaré devant les médias être «heureux que les actionnaires aient fait confiance à la direction». Bien que satisfait que les actionnaires A aient un représentant au conseil d’administration, Giuseppe Bivona a pour sa part annoncé ne pas vouloir s’arrêter là dans les démarches de Bluebell.

Le fonds activiste avait également demandé que le nombre minimal de personnes au conseil d’administration passe de trois à six, et que le nombre de représentants minimum pour les actionnaires A augmente à trois au lieu d’un.

Cette proposition a été refusée tout comme la seconde qui voulait que tous les membres du conseil d’administration se prononcent comme représentant soit des actions A ou B et que le conseil soit composé d’un nombre égal de représentants dans les deux cas.

Les points de Bluebell ont été rejetés respectivement à 82% et 83 % des voix de l’assemblée (environ 17% de oui et 0.24% d’abstention pour les deux votes).

Le président Johann Rupert a tenu à préciser que même sans les voix des actionnaires possédant des parts de type B, détenues par la famille Rupert, une majorité des détenteurs de titres A a voté contre les propositions de Bluebell.

Tous les autres points de de l’ordre du jour ont été approuvés par l’assemblée, avec 81,4% du capital qui était représenté.

«La Chine n’ouvrira pas avant 2023»

Durant l’assemblée générale annuelle, Johann Rupert a évoqué la situation en Chine. Selon lui, le pays n’ouvrira pas ses frontières avant 2023. Il a également fait part de l’existence d’un plan de succession, sans donner plus de détails. «Richemont n’est pas à vendre», a-t-il répété à plusieurs reprises. Le septuagénaire a néanmoins précisé que son fils, Anton Rupert, n’était pas pressenti pour occuper une fonction exécutive dans la société.n

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